UNION FEDERALE DES CONSOMMATEURS QUE CHOISIR ILE DE FRANCE

Le 22 novembre 2005

CONSULTATION SUR LE NOUVEAU PARCOURS DE SOINS
(réalisée dans le cadre de la participation à un colloque de la FMP, fédération de la mutualité francilienne)

L'Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir Ile de France a interrogé par internet en octobre des adhérents sur le nouveau parcours de soins. C'est essentiellement sur la Seine et Marne et la région de Mantes que cette consultation a pu être organisée.

152 ont répondu. Cette consultation était ouverte pour recueillir les divers arguments ou témoignages.

82% ont indiqué avoir choisi un médecin traitant et renvoyé le formulaire.
Les autres se partagent entre leur refus de cette démarche, le refus du médecin ou parce qu'ils n'ont pas eu encore l'occasion de la faire.

Ceux qui ont une vie " mobile " (déménagements fréquents, études, déplacements professionnels fréquents ) ont eu des difficultés pour faire ce choix et s'inquiètent de leur futur taux de remboursement des soins.

Les autres difficultés évoquées pour faire le choix et qui sont liées au système de soin reviennent dans les critiques du nouveau parcours.

Dans cette consultation 55 % des consommateurs ont manifesté une opinion défavorable au niveau parcours, 13 % y sont favorables et 32 % ont émis des réponses qui n'ont pas pu être classées dans les " pour " ou " contre ".

Pour ceux qui se prononcent " pour ", l'argument qui domine est le meilleur suivi, puis viennent ensuite la lutte contre les abus, et les économies pour la " sécu " ( 3ème position).

Pour les autres l'argument des économies pour la " sécu " est le plus contesté.(26% de l'ensemble des réponses), soit 9 fois plus que ceux qui croient aux économies.
Ce risque de consultation inutile du généraliste est évoqué directement ou indirectement dans de nombreuses réponses, mais au delà du caractère " inutile " (13 % de l'ensemble des réponses) ce surplus de " passages " chez le généraliste est perçu :
- comme une source de dépenses supplémentaires (26 %)
- comme une perte de temps et donc une perte de chance pour des pathologies " sérieuses " ou " graves " (7%), à noter que d'autres (7%) évoquent le risque d'erreur de diagnostic ou le manque de confiance dans le généraliste.
- comme un risque de développement du " copinage " généraliste/spécialiste (3%) et une atteinte à la liberté de choix du spécialiste (3%).
- comme un risque d'engorgement du système (11%), plusieurs consommateurs s'inquiètent des difficultés actuelles pour avoir un rendez-vous ou une visite du généraliste.

D'autres évoquent les difficultés actuelles d'accès aux spécialistes (difficultés pour avoir un RDV) et ne comprennent pas bien l'intérêt de complications supplémentaires.
" c'est le parcours du combattant ", " ce système est bien pour ceux qui ne sont jamais malades ".

Plusieurs sondés déplorent l'instauration d'une médecine à 2 vitesses (7%) ou indiquent que ces complications vont pénaliser financièrement ceux qui n'ont pas bien compris le système (3%).

Certains se demandent si les abus sont aussi nombreux, ou si ces abus sont la cause réelle du déficit de la " sécu " et dénoncent le manque de transparence.
" Le manque de transparence actuel ne devrait pas conduire à pénaliser systématiquement les "assujettis" à la sécurité sociale (terme tout à fait féodal) ".

Ils sont 7% à penser que ce nouveau système est inefficace pour lutter contre les abus, ou qu'il faudrait mettre en œuvre d'autres solutions plus efficaces et plus ciblées. Une adhérente explique comment elle a trouvé une astuce pour contourner le système.
Un adhérent dénonce les " punitions collectives ", un autre regrette de devoir se " pacser " avec un généraliste et un troisième constate que depuis qu'il est " scotché " avec un généraliste, celui-ci a augmenté ses tarifs.

A signaler que le non accès direct à un spécialiste est particulièrement critiqué dans le cas du dermatologue (7%), profession qui fait une journée annuelle de dépistage gratuit.

Plusieurs sondés s'inquiètent des modalités et de la facilité de changer de médecin traitant. A ce sujet un adhérent pense qu'il aurait été plus intelligent d'avoir 2 médecins traitants.

La question du dossier médical partagé a été très rarement évoquée. Elle pourrait faire l'objet d'une consultation supplémentaire.

Plusieurs patients s'inquiètent du risque d'erreurs dans les remboursements, et certains font déjà état de témoignages dans ce sens.
La gestion de toutes ces réclamations pour des petites sommes peut entraîner un surcoût administratif qui va encore plomber les comptes de la " sécu ".

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